Lettre au Recteur de l’Académie de Créteil
Monsieur Jean-Michel BLANQUER
Recteur de l’Académie de Créteil
4, rue Georges Enesco
94010 CRETEIL
Monsieur le Recteur,
Je tiens à vous alerter sur les mesures annoncées par Monsieur l’Inspecteur d’Académie de Seine et Marne, à l’issue du Conseil Départemental de l’Education Nationale, tenu le 31 mars, relatif à la carte scolaire pour la rentrée 2008.
Pour accueillir les 1 544 élèves supplémentaires à la rentrée, il est ainsi prévu à ce jour, 57 ouvertures de classes pour 31 fermetures définitives, laissant encore 135 classes en suspend (63 ouvertures conditionnelles et 72 fermetures révisables).
Assurément, le déficit en poste pour le département est manifeste, le besoin en remplacement est insuffisant, aucun poste n’a été créé en brigade départementale et seulement deux postes Rased ont été créés.
Ces annonces ne sont pas à la mesure des enjeux sociaux, économiques, démographiques de notre département et je comprends ainsi que, dans ces conditions, la majorité des membres du CDEN ait voté contre.
De même, je tiens à m’associer à l’initiative prise par le Président du Conseil Régional pour interpeller le ministre de l’Education Nationale sur les suppressions de postes d’enseignants dans les lycées et collèges (637 dans l’académie de Créteil, dont de trop nombreuses en Seine et Marne).
A l’inverse de cette politique de rigueur, « relever les défis auxquels est confrontée la Région Ile de France suppose d’élever les qualifications de la population et d’offrir aux jeunes, en particulier des milieux les plus défavorisés, une formation leur assurant un véritable avenir professionnel, social et citoyen ».
Cet avenir se construit dès le plus jeune âge, conformément aux missions du service public dévolues à l’Education Nationale.
C’est pourquoi, je tiens à vous solliciter particulièrement sur les annonces faites concernant Torcy et les quartiers sensibles de l’Arche Guédon, puisqu’à ce même CDEN, il est programmé une fermeture révisable à l’école élémentaire du Bel Air et une fermeture définitive à l’école maternelle de l’Arche Guédon.
Ce n’est pas acceptable !
Faut-il rappeler l’exigence régulièrement rappelée par les élus, les parents et les enseignants de considérer ce secteur comme particulièrement sensible, supposant des moyens à la mesure, une logique qui ne doit rien à une vision comptable ou à des effets de seuil.
Cette méthode n’est pas équitable, puisqu’elle ne prend pas appui sur des moyennes réelles et ne prend pas en compte la spécificité du territoire.
Il nous avait semblé qu’il avait été admis que cesse la stigmatisation d’un quartier sensible, déjà trop fragilisé par les effets négatifs d’une mixité qui n’en n’est plus une !
C’est dans ce sens que nous nous étions félicités en 2005 que soit annulée la fermeture de la 8e classe élémentaire de Bel Air, et que soit reportée, en 2006, la décision de fermeture de la 5e classe en maternelle.
Il a toujours été convenu que le mieux aurait été que ces mesures ne soient pas annoncées, car à chaque fois, elles viennent hypothéquer les efforts de toute la communauté éducative, pour bien s’en sortir.
Aussi, je vous demande que soient annulées les dispositions prises actuellement sur les deux groupes scolaires du Bel Air et de l’Arche Guédon, sans que cela ne remette en cause l’opportunité d’ouvertures dans d’autres établissements de la commune.
A ce propos, j’attire votre attention sur le risque que la révision des périmètres scolaires ne se traduise pas, par un départ accentué d’élèves du secteur de l’Arche Guédon, vers d’autres secteurs.
Cette logique impitoyable, si l’on n’y prenait pas garde, tendrait un peu plus à confiner des établissements dans leur environnement immédiat, avec ce risque réel de « ghettoïsation » et de marginalisation accentués.
En son temps, l’inspecteur d’académie avait admis pour un établissement du type Bel Air que « le seuil de 180 élèves pour 8 classes pouvait constituer un progrès dans la reconnaissance des difficultés que rencontre ce quartier » en sachant qu’un seuil équivalent en ZEP serait de 172 enfants.
Sans attendre, je suis disponible - tout en reconnaissant la légitimité des demandes portant sur l’ensemble du département -, pour exprimer auprès de Monsieur l’Inspecteur d’Académie que soit reconnue, une fois pour toute, la spécificité de ce quartier.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Recteur, l’assurance de ma considération distinguée.
Daniel BRUNEL
Vice-Président de la Région Ile de France
Maire-adjoint de Torcy