La question des seuils

Cette question, qui peut paraître technique, cache en réalité des mécanismes de reproduction des inégalités sociales et géographiques.

En faire l’examen et en comprendre le fonctionnement est nécessaire si on veut combattre efficacement ces dernières. L’Inspecteur d’Académie l’avait lui même compris et pris en compte puisqu’il indiquait par écrit, en juin 2005, que la 8e classe ne serait fermée qu’à 180 élèves, au lieu de 189, ce qui revenait à faire « sauter » le système des seuils.

Cet engagement écrit traduit la conscience des injustices générées par un tel système. En effet, cette méthode de calcul n’est pas équitable, puisqu’elle ne s’appuie pas sur des moyennes réelles dans les classes mais sur un « seuil » après fermeture.

Ce calcul par seuil permet de protéger les écoles de petites tailles en leur permettant d’éviter d’avoir plus de 27 élèves en moyenne dans les classes après fermeture. En revanche, pour les écoles de plus grande taille, ce système génère un « effet secondaire » préjudiciable : plus la taille de l’école augmente, plus les moyennes observées dans les classes augmentent aussi.

Ceci crée une réelle disparité entre les écoles en fonction de leur taille.

Par exemple, pour une école de 13 classes, la moyenne oscille toujours entre 25 et 27,5 – les effectifs ne peuvent descendre en-dessous de 25 élèves par classe, simplement à cause de la taille de l’école.

Ce que nous demandons, pour les écoles qui se trouvent dans des milieux très défavorisés, c’est simplement qu’elles « bénéficient » des mêmes moyennes que les écoles de 5 classes ordinaires, à savoir – en limite de fermeture – 21,6 élèves par classe.

Dans le cas de l’école Bel Air, cela signifierait que la fermeture n’interviendrait qu’à 172 élèves – sans, pour autant, que les conditions de travail des enseignants et des élèves soient « meilleures », simplement qu’elles soient comparables (c’est-à-dire que la moyenne soit à 21,6 en limite de fermeture).

On voit bien, qu’au-delà des chiffres, nous nous battons en réalité pour une réelle égalité dans les conditions de travail des enfants et des enseignantsce qui compte c’est le nombre d’enfants dans les classes, pas la valeur d’un seuil qui ne correspond à aucune moyenne réelle !…

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